En direct de Jerusalem

En direct de Jerusalem

Le Blog de Katy Bisraor Ayache

 
 
 
 

Le 9 Av : le ménage du Messie

untitled

A Katamon, la pierre rosée de Jérusalem plaquée sur les vieux murs de plâtre a métamorphosé les taudis où s’entassaient les immigrants du Maroc dans les années cinquante. Au fil des années, le quartier misérable s’est épris de coquetterie. Les cours avenantes des maisonnettes bordent des ruelles soignées et les galetas ont pris des allures de villas-lego. De la petite pièce grisâtre où Simona, démunie de tout, avait débarqué au début de l’hiver 1953,  il ne reste qu’une photo jaunie d’une famille autour d’un poêle. Aujourd’hui, comme des cubes surmontant d’autres cubes, des pièces avec des balcons rajoutés  s’assemblent harmonieusement au dessus d’un patio fleuri où poussent de  la menthe, du romarin et du basilic. A 92 ans,  Simona est une matriarche de poigne. Elle est surtout une conteuse.

Le jour du 9 Av, elle raconte inlassablement la même histoire. Simona veut convaincre. Avec une anecdote, transmise de mère en fille depuis deux siècles, elle cherche à justifier qu’en ce jour de deuil millénaire, elle entreprend les grands ménages.

” Sur les montagnes de l’Atlas marocain, les Juifs attendaient avec impatience le 9 Av. Les sages ne nous enseignent t-ils pas que le Messie viendra à la fin de cette journée de deuil? Vers midi, après avoir récité avec ferveur les Lamentations de Jérémie, la maîtresse de maison, ôtait brusquement ses vêtements de deuil, jetait de l’eau sur les dalles de sa maison, commençait à astiquer lustres et argenterie, disposait ses marmites sur le feu, enfournait de la pâte à pain et fourrait entre les mains de son mari un pinceau pour repeindre les murs qui avaient eu le temps de se salir depuis Pessah. Le Messie arrivera dans quelques heures et il fallait bien se préparer à l’accueillir.

Vers l’an 1780, le Hida ( Le Hida est l’acronymie de Haïm Joseph David Azoulaï, l’une des sommités rabbiniques du XVIIIe siècle) se rendit au Maroc. Dans un sermon acéré, il s’insurgea contre la tradition de ces grands ménages: « Le Temple brûle et vous osez remettre votre maison à neuf ! Pour ce 9 av, vous resterez en deuil jusqu’à la nuit ».

Le lendemain, le Hida s’arrêtant un moment à l’ombre d’un arbre, surprit une conversation entre deux femmes du mellah : « Le grand rabbin nous interdit de faire du ménage. Il doit savoir que le Messie ne viendra pas cette année. A quoi bon les ménages? Quel chagrin! Quelle déception! »

Le Hida, consterné, se rendit sur le champ chez le rabbin et lui demanda d’annoncer à tous les chefs  de famille que leurs épouses pouvaient… « devaient  balayer, laver, blanchir leur maison car le Messie viendra cette nuit-là…»

Simona est fière et radieuse. Ses arrières petites filles rient aux éclats devant les mimiques théâtrales de leur aïeule. “Mes chéries, mes chéries, n’oubliez surtout pas, lorsque vous serez mariées, avec l’aide de Dieu. Il y a le grand ménage de Pessah, le ménage du shabbat, mais le plus important des ménages de l’année, c’est aujourd’hui, ce jour du 9 Av, le ménage du Messie.”

 

 

 

Mea Shearim

raphaelle-abib-mea-shearim

Méa Shéarim a été maintes fois photographié. L’effervescence des rues, les immenses centres d’études talmudiques, les minuscules et ancestrales yéshivot, les mikvés d’antan, le tisch des rabbis, les hommes, portant chapeau et calotte noirs, les femmes aux longues robes poussant des poussettes, entourées par une ribambelle d’enfants, et celles au foulard noir, tout attire le regard du photographe.

Cette fois, c’est une jeune-femme française, Raphaëlle Abib qui photographie Méa Shéarim et qui expose à Jérusalem. Le regard est très particulier. Je lui laisse la parole :

J’ai découvert le quartier de Mea Shearim lors de mon premier voyage en Israël. Soudain, j’ai eu envie d’aller vers l’inconnu, vers cette communauté qui vit selon ses propres codes, hors du temps et de notre modernité. Les habitants de Mea Shearim représentent aussi un visage du judaïsme qui m’est étranger et m’interpelle. Je n’ai pas l’habitude de photographier des inconnus, encore moins des personnes avec lesquelles je ne peux communiquer par les mots. J’ai volontairement choisi de travailler avec un objectif 50mm, qui oblige à faire des plans serrés. Pour réaliser certaines prises de vue, j’ai voulu affronter tantôt l’hostilité d’un regard, tantôt un geste de refus ou des paroles dont le ton se voulait blessant. J’ai senti combien tout regard étranger est vécu comme une tentative d’intrusion inacceptable. J’ai voulu braver l’interdit, pour tenter de lever un petit coin du voile, sur ces êtres qui traversent les rues de ce quartier de Jerusalem avec une détermination sans faille. J’ai aimé les saisir pendant ce moment unique de Pessah, où les couleurs, les rituels, les symboles, sont encore plus forts. De ce face à face, que sans mon appareil photo je n’aurais pas osé vivre, je suis sortie différente.

 

Raphaëlle Abib – Série de 23 photographies 61×51 cm, impressions pigmentaires sur papier Fine Art Hahnemühle Baryté 315 g. Edition limitée à 6 exemplaires, numérotée et signée. Prix de chaque photographie encadrée: 850 us$ ou 3000 NIS

31 mai – 28 juillet 2016

Municipality Gallery Jerusalem, 17 rue Yaffo

raphaelle-abib-mea-shearim-29raphaelle-abib-mea-shearim-37

 

 

Mes trois photos des 68 ans

הנשיא אפרים קציר מעניק לגולדה מאיר, בטקס הענקת פרסי ישראל ביום העצמאות 1975

 

Pour les 68 ans d’Israël, j’ai choisi trois photos d’un Israël d’antan  libéral, tolérant, magnanime.

( Certes je ne veux pas idéaliser l’Israël d’hier, mais il y régnait une certaine ouverture et indulgence comme le montrent ces quelques clichés.)

1940 David ben Gourion, Dirigeant de l’Agence juive et du futur Etat d’Israël, en maillot sur les rives du Jourdain avec sa famille. Imaginez vous une photo aujourd’hui de Benjamin Netanyaou en maillot, la crise gouvernementale éclaterait rapidement.

1975 Golda Meir, trois ans après la guerre de Kippour. Après avoir démissionnée de son poste de Premier ministre, Golda Meir reçoit le prix d’Israël du Président de l’Etat d’Israël d’alors Ephraim Katsir et la caméra éternise ” un baiser à la française “. Un tel baiser du Président Rivlin à une lauréate du prix d’Israël en 2016 ? Inimaginable…

1910 Le Kotel, une photo rare, authentique, où l’on voit un fidèle prier auprès des femmes devant le mur millénaire. Les juifs de l’ancestral yishouv juif de Jérusalem avaient une vision unitaire du Kotel…

Le crédit des trois photos GPO Archives récemment mises en ligne.

 

BenGurion_wa

 

נה מ-1910

Le syndrome de Pessah

images

 

L’agitation perpétuelle de la société israélienne donne déjà le vertige. A la veille de Pâques, le bouillonnement devient explosif. Le stress est la marque de fabrique de la fête. Comme si chacun, son balluchon sur l’épaule, allait, bel et bien quitter l’Egypte, fuir l’esclavage, traverser la Mer Rouge et entamer sur les pas de Moshé, un voyage de quarante dans le désert, pour arriver en terre promise. Mais vous y êtes, en terre promise! Israël, le pays où coulent le lait et le miel, où Prada et Porche ont pignon sur rue, où la liberté n’a parfois aucune limite, où la prospérité est, pour certains, à portée de main. Non et non! Les Israéliens se croient sur une scène de théâtre. Pendant quelques semaines, ils deviennent acteurs de leur histoire millénaire. En regardant l’affolement et la surexcitation des veilles de Pâques, on croirait lire les versets de l’Exode.

La logique perd ses droits. Si les clichés ne disent en général rien du réel, ce n’est pas le cas de Pâques. Le matériau principal de cette fête est fait d’un mélange de tension, de nervosité, d’angoisse et d’impatience. Chacun carbure pour l’autre. L’air du temps suscite une semi-terreur. Les carnets de rendez vous se figent. Rien! Ne me demandez rien! Mais justement c’est pour Pâques que… ! Rien ! Après Pâques ! Personne ne vous accordera ici un rendez vous, ni le peintre, ni le médecin, ni votre client. Campée sur son comptoir, la caissière tape des chiffres à l’infini. Dans les magasins bondés, il faut pousser des coudes, pour dénicher une belle jupe au prix maxi. Le piéton prend des risques pour se frayer dans les rues bondées. Jusqu’à l’aube, les chariots des supermarchés crissent entre les allées. Les voitures klaxonnent au quart de seconde en se demandant pourquoi le rouge n’a pas encore virer au vert. Même la charité se fait bouillonnante. Comme si les pauvres ne mangeaient qu’à Pâques. Les organisations caritatives placardent des affiches « Mettez dans ce carton une bouteille d’huile, un paquet de sucre et des friandises pour les pauvres» et ramassent de quoi nourrir  une nation pendant des mois. Devant papi et mami fiers et amusés, les adolescents peignent avec énergie les murs. Les balcons et les jardins fleurissent à plaisir. Sur les rives du Jourdain, à la frontière avec le Liban, les bateliers des kibboutz astiquent les kayaks à touristes.

Parés de leurs apparats des grands jours, les rabbins procèdent à la vente du hametz du pays à Mahmoud, l’habitant du village d’Abou Gosh. À Kfar-Habad, les Loubavitch font virevolter les  matzot dans leurs fours à bois.

Tsahal se laisse aussi tenter à ces remous. Adieu Hamass-Jiaad-Hizboulah. La grande opération logistique de la semaine est de rendre les cuisines des bases militaires « casher pour Pâques » explique très sérieusement le chef d’Etat major.

A l’approche de Pâques, la maitresse de maison virevolte de sa cuisine à son armoire avec la frénésie d’une danseuse du ventre. Il s’agit de tout finir à temps. Poussière, rangement, peinture, dégraissage, blanchissage. La forcenée de Pâques ne pense que balai, chiffon et eau de javel. Son regard embrase chaque matin ses armoires en remue-ménage et sa tension monte encore de quelques crans. Le dernier jour, l’excitation, l’affolement et l’horloge qui s’emballe créent des turbulences orageuses. Les risques d’hypertension menacent. Puis progressivement l’affolement s’apaise. La journée avait commencé sous des ruissellements de sueur. Elle s’achève en extase devant la maison astiquée et la ribambelle d’enfants en blanc immaculé. En blanc vaporeux de coton et de soie, la maitresse de maison regarde autour d’elle, presque surprise de la tempête qui s’est fait brise du printemps.

Et si le message était spirituel. Si la surexcitation était pour calmer les exaspérations de l’âme, pour sublimer l’esprit. Fête clef d’Israël, incontournable, passionnelle, parce que remise à zéro. Volupté des débuts, émerveillement de l’aurore, enchantement du nouveau, espoir des départs. Pâques est arrivé.

 

La houmoussia Eliahaou

IMG_20160417_161438Il y a en Israël des endroits magiques. Où tout Israël se retrouve côte à côte sur les mêmes longues tables en bois, le petit génie qui travaille dans la zone high tech de Yokénam, des officiers de Tsahal en route vers la frontière libanaise, les deux copines du kibboutz religieux du coin avec leur bébé, l’arabe qui construit la nouvelle autoroute six, la secrétaire du maire, la ministre de la culture…

Autour d’un plat unique. Houmous, sésame, oeuf, graines, huile d’olives, olives noires, granité de citron, et café au hel. Tout pour moins de 25 shekels. Gourmet et santé. En direction du nord du pays, sur la route 70, à Yoknéam, demandez la Houmoussia Eliahou.

IMG_20160417_162817 IMG_20160417_161504

La période rose-violet

 

IMG_20160308_124702

Le printemps a en Israël ses couleurs. Les arbres jaunes-rouges-dorés des automnes de Paris et de New-York sont rares ici. L’artifice des couleurs c’est pour le printemps. Et les arbres se donnent le mot. Il y a d’abord la période blanche des amandiers de Tubichvat. Puis quelques semaines plus tard débute la période rose-violet.

Ces jours-ci sur les routes d’Israël, on peut voir un peu partout des arbres rose-violet. Puis viendra la période jaune. Des milliers et milliers d’arbres jaunes annonceront l’approche de Pessah. Puis ce sera la période bleue, ces arbres magnifiques aux fleurs bleues du début de l’été.

Pour mes amis du Blog, j’ai pris cette photo sur la route qui méne de Modiin à Latrun. Dans ma voiture, j’écoute la radio. Le journal de 12h. De nouveau un attentat. La violence du quotidien de ces six derniers mois, l’enchainement tragique et insoutenable d’attentats et de vies qui s’éteignent dans le sang et la haine. Et mon regard a croisé les arbres roses-violets. Israël et ses contradictions, ses contresens. Sans que strictement personne n’ait de solution pour mettre un terme à ce conflit millénaire.

IMG_20160304_164841

Le musicien juif

imagesIshai Ribo sort son nouveau single avec un clip qui raconte en poésie l’histoire de Rachel, la matriarche et à travers elle le destin du peuple juif.

Ce second album de ce chanteur de talent de 26 ans, s’inscrit dans le courant de la chanson israélienne de ces dernières années.

Ety Ankri, l’ancienne déesse de la soul music qui récite les poèmes liturgiques de Yehouda haLevy ; Shuly Rand, en complet sombre qui déclame Eicha et les textes des Lamentations sous les feux de l’amphithéâtre de Césarée  ; Amir Benayoun, casquette et barbe noires qui roucoule les intonations vibrantes de l’hébreu ; Shiri Maimon, la vedette mainstream, qui accompagne Shimon Bouskila dans le dialecte judéo-marocain si peu estimé par les élites des débuts ; Idan Raichel qui chante les Psaumes de David ; Koby Oz, le chantre de la musique pop qui compose Mon Dieu, et Elohai devient le tube d’un été.

Comme eux, Ishaï Ribo est rebelle à une culture unique, à un pays sans tradition, à une chanson chansonnette, aux textes faciles et aux images d’Epinal, opposé aussi à une tradition déshumanisée et aux coercitions. Ces chanteurs créent la nouvelle chanson d’Israël.

Phénomène à l’échelle planétaire, le réveil religieux a, en Israël sa propre causalité.  Les fondateurs de l’Etat hébreu avaient choisi la laïcité. Les sépharades, les traditionnalistes, les immigrants, les habitants de la périphérie, les jeunes — et à chacun ses raisons — ne se sont pas reconnus pas dans la culture dirigeante socialiste, rationnelle à outrance, séculière et laïque. Il fallait tout prendre ou tout laisser. Ils ont tout laissé. Ils sont devenus le second Israël.  La progression de la droite, motivée par les craintes sécuritaires, a également trouvé ses racines dans ces exclusions culturelles.

Ce mouvement de protestation des nouvelles générations s’exprime aussi par un retour aux sources juives. Sensible dans toutes les strates de la société, cet intérêt pour le judaïsme a commencé dans les salles de concert. Chanteurs, compositeurs, interprètes, ils cherchent des attaches et des amarres. En quête d’ancrages pour demain, il raccommode les déchirures du passé. Hésitant entre modernité et tradition, séculier et religieux, démocratie et royauté divine, Occident et Orient, rationnel et mystique, comme un funambule sur une corde raide le musicien juif avance à pas prudents, cherche une nouvelle identité et prend l’auditoire aux tripes.

Le musicien juif a entraîné son public dans son périple.

 

Shaming du rabbinat contre un mari récalcitrant

682942924532677490490yes1130

 

L’histoire débute il y a quatre ans. L’épouse d’Oded Guez se réfugie dans un abri pour femmes religieuses après des violences physiques graves et des sévices moraux. Le tribunal rabbinique qui en Israël jouit de la prérogative dans les affaires de mariage et de divorce, donne raison à l’épouse et exige du mari qu’il accorde le divorce, le guet à son épouse.

Selon la halacha, la remise du guet du mari à la femme, doit être pleinement consenti et ” un guet forcé” est considéré comme non valide. La cour peut donc exiger une remise de guet, prendre des mesures pour faire fléchir le mari récalcitrant, mais ne peut pas donner le guet à l’épouse à la place de l’époux.

Depuis 4 ans, Guez refuse de donner le guet à sa femme. Son épouse est une aguna, une femme qui se voit refuser le divorce ( en hébreu messourevet guet). Guez est professeur de physique à l’Université de Bar Ilan et un des responsables du département toranique (!). L’université l’a suspendu de ses fonctions d’enseignant il y a un an. Malgré cela, le refus de guet est resté tel quel. La Haute Cour rabbinique a donc décidé de publier non seulement le nom du mari mais surtout sa photo. La publication d’une photo dans un cas de divorce, aussi tragique soit-il est une décision très rare de la part d’un tribunal rabbinique. Par ailleurs, le Beit Din appelle la communauté à exclure Guez de toute vie sociale et surtout de la vie religieuse, de ne pas le faire monter à la Torah, ni même de l’inclure dans un minyan, dans la prière des fidèles de n’importe quelle synagogue en Israël et dans le monde juif.

En d’autres termes, shaming de la rabbanout contre un mari récalcitrant.  Ce qui est intéressant, c’est que ce feu vert du Beit Din est relayé par tous les réseaux sociaux. Depuis quelques heures, la photo d’Oded Guez est dans tous les réseaux sociaux israéliens.  Facebook aiderait-il au combat des “messouravot guet”. Une nouvelle date a été fixée pour le guet. Pour l’heure, Guez continue à refuser. A suivre.

Sur cette mesure décidée par le Beit Din, une explication halakhique : La possibilité de ” faire honte ” , connue dans le droit britannique sous le nom de “name and shame”, est une mesure ancestrale du droit hébraïque datant du 12è siècle et connue sous le nom de ” harkhakot déRabbénou Tam”  “הרחקות דרבנו תם”.  Rabbénou Tam, grand commentateur du Talmud et tossafiste français  est le petit fils de Rachi. Dans le ” sefer hayashar le Rabbénou Tam”, (helek hatechouvot, siman 24), sont détaillées les mesures qui peuvent être prises pour faire honte au mari récalcitrant et lui imposer ainsi de donner le guet à sa femme. En 2016, les rabbins ont utilisé les décrets du sage du 12è siècle, tout en les adaptant à l’ère de facebook et des réseaux sociaux.

 Autre question qui doit être posée. Le Rabbinat d’Israël aurait-il décider de mener une politique plus agressive face au problème douloureux des agunot. Il y a une semaine, le grand rabbin d’Israël, le rabbin David Lau, a tranché dans une affaire de divorce qui durait depuis huit ans, imposant la remise du guet, avant le règlement des questions financières. Le chantage n’est pas acceptable écrit le rav Lau, ( Je te donne le guet si tu me laisse la maison etc.) En cas de conflit financier, désormais, le mari doit d’abord donner le guet. Une autre procédure, totalement séparée de la remise du guet, sera ouverte sur le partage des biens. De la part du rav Lau, affilié au courant ultra-orthodoxe, c’est une décision courageuse. Jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de juges permettaient un report du guet tant que les conflits financiers n’étaient pas réglés. Parfois, cela prenait des années. Le rav Lau réussira t-il à changer les normes ?

Pourquoi les coquelicots du Néguev sont-ils de plus en plus rouges ?

 

pic-1-bloom

Comme chaque année, le Néguev occidental est coloré de rouge. J’avais déjà publié un post l’année dernière sur le désert d’Israël couvert de coquelicots. Mais une question qui étonnait les visiteurs qui viennent chaque année, par milliers admirer ce spectacle éphémére – une à deux semaines par an – restait sans réponse : Pourquoi les coquelicots du Néguev sont-ils de plus en plus rouges ?

Une étude – très sérieuse – menée conjointement par l’Université Ben Gourion de Beersheva et la faculté d’agronomie de Rehovot a découvert le secret : ces dernières années les troupeaux de bovins, des fermes israéliennes et des bédouins, sont de plus en plus nombreux à pâturer dans les étendues du Néguev. Les troupeaux ne s’approchent pas des coquelicots, toxiques, mais broutent  à plaisir toutes les autres herbes.

Les coquelicots, ne sont plus ombragés, sont de plus en plus exposés au soleil. Résultat, les coquelicots du Néguev sont chaque année de plus en plus rouge…imagesK5R0T285

Brassens en terre d’Israël

AFFICHE DECEMBRE 2015 - JANVIER 2016 .

Moments de poésie, d’histoire, de drôlerie et d’intelligence ; un voyage imaginaire dans l’univers poétique, philosophique, et politique de Georges Brassens.  Isaac Attia chante  Brassens à Jérusalem et à Tel-Aviv.

Docteur en lettres et historien, immigré en Israël en 1996 Isaac Attia à surtout une passion : la musique, la chanson, Brassens qu’il veut partager. Ce choix symbolise un autre Israël. Il y a une trentaine d’années, venir vivre en Israël et chanter en français était inconcevable. Surtout se fondre dans la culture locale, oublier ses racines culturelles, chanter en hébreu ou ne plus chanter du tout.

En 2016, comme Tazazo qui chante les très belles mélodies d’Ethiopie, comme Rita qui a intégré dans son répertoire les chansons perses de son enfance, comme Déborah Benasouli  qui interprète avec succès Barbara, Isaac Attia revendique, le droit à une identité pluriculturelle. Vivre et vibrer en Israël, en hébreu, en yiddish, en ladino, en amaharic, en russe, en français…

Le public est pour l’heure essentiellement francophone, mais cette présence culturelle affirmée tentera bientôt le tout Israël. Des chanteurs de talent, immigrants, chantant des grands chanteurs français déjà très connus ici,  ont en Israël, un public prêt à être conquis.

Et juste pour la petite histoire, Brassens était un ami d’Israël. Il a même raconté un jour comment il avait eu les larmes aux yeux lorsqu’il avait entendu pour la première fois, Rika Zaraï chanter ses chansons en hébreu, chansons traduites en hébreu par Naomie Shemer et aussi par Yossi Banaï.

attia.chante.brassens

Samedi 26 décembre et 2 janvier – 20.30 Théâtre Khan Jérusalem – Réservations 02-6303600

Mercredi 6 janvier – 20.30 Susan Dalal Tel Aviv – – Réservations 054-5607721

 

Artzi et Dikla

Shlomo Artzi sort un nouveau disque avec la chanteuse Dikla, révélation de la chanson israélienne de ces dernières années.

La victoire de Rita

66573610100892980551no

Rita Berkovitch a 83 ans. A 9 ans elle a connu l’horreur des pogroms,  la guerre, les nazis. Elle a vu son père battu. Elle a connu l’effroi face à un nazi. Puis elle est venue en Israël. Elle a aujourd’hui 8 petits-enfants et elle est la reine de beauté d’un concours très spécial organisé chaque année à Haïfa. Miss rescapée de la Shoah. Au début décrié, ce concours a au fil des années convaincu.

Rita le soir de son succès nous a dit : ” C’est notre message. Nous avons connu l’innomable, la mort, la guerre. La vie aussi n’a pas toujours été facile. Ces dernières années, j’ai perdu mon mari, puis mon fils ainé a succombé à un cancer. De la peine terrible, je me suis relevée. J’aime la vie, le soleil, Israël, les enfants dans la rue, mes petits-enfants, leurs amours, leurs combats, leurs rêves. Viva Israël, Vive la vie !!! “

Photo du Haaretz

Am Israël Haï

1238-460x307

Am Israël Haï a dit la mariée sous la houpa.

Il y a deux semaines, le père de la mariée, le rav Litman et son frère de 18 ans, Natanël, sont assassinés sur le chemin du shabbat hatan, ce shabbat fêté par les communautés ashkénazes, à la veille du mariage. La robe blanche est restée suspendue sur le lustre de sa chambre et la fiancée est assise à terre, la chemise déchirée.

Mais Am Israël Haï ont décidé les fiancés : ” Le peuple juif vivra. Vous voulez nous assassiner. Nous continuerons à vivre, à construire et à espérer. Vous voulez nous tuer. Nous vivrons dans la joie “. Jeudi soir, Sarah Thria Litman s’est mariée à Jérusalem.  Les images de ce mariage avec l’autorisation du Israël Hayom.

http://bcove.me/hnpbeor4

Tazazo & Tzemer

images

Tazazo & Tzemer, le duo  fait le buzz dans les banlieux d’Israël. L’un est né en Israël, l’autre en Ethiopie. Ils chantent ensemble les histoires de leur vie. Un des spécialistes de la chanson israélienne écrit sur eux : ” Ils ne sont pas encore dans le main stream de la chanson israélienne, vous ne les entenderez pas encore sur les grandes radios, mais ce n’est qu’une question de temps. Ils ont déjà convaincu la périphérie et désormais c’est la périphérie d’Israël qui donne le ton à la culture de ce pays…”

Pour les découvrir, voici une de leur chanson, l’hymne à la mama, cette fois à la maman d’Ethiopie, plus d’un demi-million de visionnages sur You Tube.

 

Déborah chante Barbara à Raanana

Photo Miko Géoui

 

  Après avoir envouté son public à Jérusalem,  Déborah Benasouli  sera dans quelques jours à Raanana.

 

” Quoi ! Tu n’étais pas au spectacle de Jérusalem ! “
”  Non, non je n’y étais pas. Alors racontez-moi ! “
 

Et voilà donc, de mémoire, les descriptions enthousiastes de mes amis :

” Un spectacle de musique inoubliable…, Une chanteuse de talent…, La révélation de l’année…, Les mots qui revivent et vibrent…, Sur scène Déborah est musicienne, interprète, actrice, poète, … Déborah réinvente Barbara… Une voix grave et pure, joyeuse et envoutante, mystérieuse et limpide… La vraie chanson française renaît à Jérusalem…Si elle redonne un spectacle, abandonnez tout, courez…”

Et le journaliste François Pfeiffer a écrit : « La voix de Deborah Benasouli, puissante et rageusement sensuelle, vous prend aux tripes et aux neurones, telle une amazone sûre de son fait. La voix ne gifle pas, elle foudroie. Elle n’égratigne pas, elle griffe. Vous en porterez la cicatrice et serez marqués à vie. »

Déborah Benasouli sera donc à Raanana,  “Déborah chante Barbara”, Mercredi 25 novembre au Yad Lebanim de Raanana à 20:30

 

Déborah Benasouli est originaire de Paris. Elle a fait son Alyah en 1996. Elle commence sa carrière au théâtre avec des études d’Art Dramatique (en France) puis en Israël à l’école Nissan Nativ à Jérusalem. Elle se consacre ensuite entièrement à sa grande passion : le chant jazz. Elle étudie à New York avec entre autre Bob Mover et Barry Harris. Elle se produit dans plusieurs clubs de jazz et festivals tels que : Brazil Jazz Festival, Festival de jazz de Tanger, Festival d’Avignon, et fait partie des lauréats du Sankofa Soul Contest et gagne le Tremplin Diva Jazz. Elle sort également un album avec son groupe Electric Diva.
 

Dernières Notes

Nuages de Tags

Autres Pages

Copyright

Pas de copyright! Vous pouvez copier-coller, couper-coller, vous inspirer, citer. Une condition: précisez lien du site, nom du site et nom de l'auteur. Merci de votre fidélité.

Coups de cœur

Abonnez vous à mon Blog

Le Mariage - mon nouveau livre

Mon livre - 2014

Ecouter

Lire

Le temps qui passe

August 2016
S M T W T F S
« May    
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

Archives

Commentaires…

Uses wordpress plugins developed by www.wpdevelop.com