Sara Schenirer

Sarah Schenirer

  

Sara Schenirer, orthodoxe et révolutionnaire

Le début du XX est  vécu par la communauté orthodoxe en Europe comme une shoah spirituelle. L’émancipation, la naissance du mouvement réformiste et l’assimilation menacent le judaïsme orthodoxe qui avait réussi à préserver son authenticité en s’isolant. Les décrets sur l’éducation obligatoire dans les pays d’Europe posent au monde orthodoxe un dilemme. Alors que les garçons continuent à étudier dans les « héder »  les filles, en absence de toute structure éducative, fréquentent les écoles « goy ». En quelques années, des milliers de jeunes filles juives religieuses abandonnent le yiddish pour le polonais, l’allemand et le russe. Cette brisure des barrières linguistiques permet des contacts avec le monde extérieur et accentue l’assimilation.

 

C’est dans ce contexte que Sara Schenirer, juive orthodoxe décide de créer vers la fin de la Première Guerre mondiale des cours pour jeunes filles, chez elle d’abord, puis le succès est tel que, très vite, en 1917, elle fonde à Cracovie la première école du courant Beit Yaacov. Schenirer, se heurte à des oppositions virulentes mais à la veille de la Seconde Guerre mondiale, 250 écoles et lycées Beit Yaacov fonctionnent et accueillent 38.000 jeunes filles aux États-Unis et en Europe.

En Palestine britannique, la première école Beit Yaacoc est créé en 1936 par le Rabbin Charansky. Là aussi les oppositions sont nombreuses. Les notables du vieux yishouv, ces juifs vivant à Jérusalem depuis le XIX siècle, appréhendent ce courant de modernisme même orthodoxe qui vient d’Europe.Aujourd’hui, le courant créé par Schenirer il y a 85 ans représente le principal réseau éducatif pour jeunes filles orthodoxes en Israël.



Au début, les écoles Beit Yaacov n’enseignaient que la Bible, la loi juive, la préparation de la jeune fille à la création d’un foyer.  Aujourd’hui ces écoles enseignent toutes les matières modernes, des mathématiques à l’anglais, du cinéma à l’informatique.

 

Cet enseignement des jeunes filles, plus diversifié que celui des garçons religieux qui dans les centres talmudiques n’étudient que les matières juives créé déjà une différence à l’avantage des jeunes filles. Un écart qui commence à influencer les rapports entre hommes et femmes dans la société orthodoxe – même si le phénomène n’est encore que très marginalement perceptible. 

 

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